
Éducation
Recherche-pédagogique contemporaine
La crise écologique met en lumière une crise beaucoup plus profonde, une crise de l’éducation au vivant. Il est devenu nécessaire pour le pédagogue contemporain de réinterroger sa propre pédagogie en la confrontant aux conditions d’habitabilité et d’écosensibilité dans un rapport au monde devenu instable et imprévisible.
Sylvie Morais 2026

Face à la montée des problématiques humaines, environnementales et écologiques, les apprenants d’aujourd’hui recherchent du sens, des repères et de l’agentivité. Il est venu le temps où les pédagogues doivent réinterroger leur propre pédagogie en la confrontant aux conditions d’existence dans un monde complexe, instable et incertain. La recherche-pédagogique invite les pédagogues à moins se focaliser sur l’efficacité des stratégies d’apprentissage selon les normes positivistes du système scolaire qu’à philosopher, à poser un regard critique sur leur action pédagogique (Morel, 2020) et l’orienter vers une pédagogie incarnée et située (Masciotra, 2008), une pédagogie énactive qui valorise l’autoformation relationnelle des apprenants (Morais, 2026). Le pédagogue contemporain fait appel ainsi à la philosophie pratique de l’éducation au vivant (Morais 2026) pour repenser sa pédagogie à la lumière de la crise écologique. Il s’engage dans une démarche réflexive et s’appuie sur l’approche éco|phénoménologique en éducation et en formation permettant de mettre en mots les éléments fondamentaux de l’expérience écosensible du vivant. Le pédagogue se voit ainsi repenser sa pratique pédagogique autour de valeurs et de finalités éducatives telles que l’humanisme, l’altérité, le vivant, l’écocitoyenneté, l’habitabilité, l’écosensibilité.
Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.
Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère.
Ariane Mnouchkine
Sources
- Ingold, T. (2018) L’anthropologie comme éducation, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Paideia », 2018, 122 p.
- Morais, S. « Renouer avec le vivant. De l’analyse réflexive d’une expérience de création vers une pédagogie artistique sensible dans une perspective énactive », Questions Vives [En ligne], N° 35 | 2021, mis en ligne le 17 décembre 2021, consulté le 04 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/questionsvives/5871 ; DOI : https://doi.org/10.4000/questionsvives.5871
- Hedjerassi, N. (2020). Bernard Charlot. Éducation ou barbarie. Pour une anthropo-pédagogie contemporaine. Paris : ECOMICA/Anthropos, 2020, 336 pages. Les Sciences de l’éducation – Pour l’Ère nouvelle, 53(4), III-III. https://doi.org/10.3917/lsdle.534.0121c.
- Fabre, M. (2006). Chapitre 1. Qu’est-ce que problématiser ? L’apport de John Dewey. Dans M. Fabre et E. Vellas Situations de formation et problématisation (p. 15-30). De Boeck Supérieur. https://doi.org/10.3917/dbu.fabre.2006.01.0015.
- Morel, M. (2020). Arts plastiques et éducation relative à l’environnement : comment repenser une formation des enseignants engagée et critique? Actes du Colloque interuniversitaire sur la recherche en enseignement des arts (CRÉA), Université de Sherbrooke, Longueuil, Canada.
- Masciotra, D. & Al, (2008). Énaction. Apprendre et enseigner en situation. Paris, FR : De Boeck Supérieur.
- Graham, M. (2007). Art, Ecology, and Art education: Locating Art Education in a Critical Place-Based Pedagogy. Studies in Art Education, 48(4), 375-391
